Vous prenez de la curcumine pour vos articulations, du millepertuis pour votre humeur, ou des gélules de vitamine D chaque matin. Vous pensez que c’est sans danger parce que c’est « naturel ». Mais si vous ne le dites pas à votre médecin, vous courez un risque réel - et bien plus grand que vous ne l’imaginez.
La vérité sur les suppléments et votre santé
En 2023, plus de 50 % des adultes aux États-Unis prenaient au moins un supplément alimentaire. Près d’un sur cinq utilisait des remèdes herbagères comme l’ail, le ginseng, ou l’huile d’olive de graine de lin. Pourtant, seulement 33 % de ces personnes en ont parlé à leur médecin. Ce n’est pas une omission anodine. C’est un risque pour la vie.
Les suppléments ne sont pas des bonbons. Ils contiennent des composés actifs qui interagissent avec vos médicaments. Le millepertuis, par exemple, peut réduire l’efficacité des pilules contraceptives, des anticoagulants comme la warfarine, ou même des antidépresseurs. La curcumine peut amplifier les effets des antihypertenseurs, ce qui fait chuter votre pression artérielle trop bas. Et personne ne vous le dit - parce que vous ne le dites pas, et que votre médecin ne pose pas la question.
Pourquoi les gens gardent le silence
Beaucoup pensent que leur médecin ne s’intéresse pas aux suppléments. D’autres craignent d’être jugés. Certains croient que « naturel » signifie « inoffensif ». Une enquête de ConsumerLab.com en 2022 a montré que 68 % des utilisateurs pensaient que leurs médecins n’avaient pas besoin de le savoir. 42 % pensaient même qu’ils les encourageraient à arrêter.
Et pourtant, les médecins ne sont pas mieux préparés. Seulement 27 % des médecins se sentent suffisamment formés pour discuter des interactions entre suppléments et médicaments. Les consultations sont courtes - en moyenne 15 à 20 minutes. Les questions sur les suppléments ne sont pas dans la liste standard. Résultat : le silence persiste.
Le moment où tout change : quand le médecin pose la question
La clé, ce n’est pas de vous obliger à parler. C’est que votre médecin vous demande directement. Une étude publiée dans le Journal of Alternative and Complementary Medicine en 2021 a montré que lorsqu’un médecin utilisait un simple outil de dépistage de cinq questions - « Prenez-vous des vitamines, des herbes, ou d’autres produits non prescrits ? » - le taux de divulgation passait de 33 % à 78 %.
Les patients qui ont été directement interrogés ont aussi rapporté une meilleure confiance en leur médecin. Un patient sur HealthUnlocked a partagé : « J’ai pris de la curcumine pendant deux ans sans dire un mot. Jusqu’au jour où mon cardiologue a demandé : “Et les suppléments ?” Il m’a aussitôt averti : “Cela peut interférer avec votre pression artérielle.” »
Les médecins qui posent cette question ne sont pas des sceptiques. Ils sont des professionnels qui veulent éviter une hémorragie, un accident vasculaire cérébral, ou une réaction allergique grave. La FDA exige que les suppléments portent cette mention : « Non évalué par la FDA. Ne vise pas à diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir une maladie. » Cela signifie que vous êtes le seul à connaître ce que vous prenez. Et c’est à vous de le dire.
Comment bien le dire - sans peur ni honte
Voici comment faire, simplement :
- Apportez vos bouteilles à votre rendez-vous. Pas les photos. Les bouteilles réelles. Les étiquettes contiennent les noms exacts des ingrédients, les doses, et les fabricants. Votre médecin ne connaît pas « la pilule verte » - il connaît la curcumine 500 mg de la marque XYZ.
- Utilisez ce mot : « suppléments ». Dites : « Je prends des suppléments. » Pas « des trucs naturels » ou « des remèdes de grand-mère ». Le mot « supplément » est technique, précis, et professionnel.
- Parlez de tout : vitamines, minéraux, herbes, acides aminés, huiles essentielles, tisanes concentrées. Même si vous pensez que c’est « juste du thé ».
- Ne vous excusez pas. Vous n’avez pas à dire « Je sais que ce n’est pas sérieux, mais... ». Ce n’est pas une faute. C’est une information médicale.
- Posez la question en retour : « Est-ce que cela peut interagir avec mes médicaments ? »
Un patient sur Reddit a écrit : « Mon médecin n’a jamais demandé. J’ai pris des pilules d’ail pendant des mois avant une chirurgie mineure. J’ai saigné comme une vache. Il a fallu une transfusion. Je n’aurais jamais dû me taire. »
Quels sont les risques réels ?
Les réactions graves sont rares - mais elles existent. Et elles sont évitables.
- St. John’s wort (millepertuis) : réduit l’efficacité de 15 médicaments courants, dont les contraceptifs, les antidépresseurs, et les traitements du VIH.
- Gingko biloba : augmente le risque de saignement avec l’aspirine, le coumadin, ou même l’ibuprofène.
- Garlic (ail) : peut prolonger le temps de coagulation - dangereux avant une chirurgie ou une biopsie.
- Green tea extract : peut endommager le foie chez les personnes prenant des médicaments métabolisés par le foie.
La FDA ne teste pas les suppléments avant leur vente. Elle ne vérifie pas leur pureté, leur dose, ni leur interaction avec d’autres produits. Elle ne peut agir qu’après un accident. Et même là, moins de 1 % des effets indésirables sont signalés.
Les bonnes nouvelles : ça peut changer
Des outils existent pour vous aider. L’application MyMedList, développée par l’Université de l’Arizona, a augmenté la précision des déclarations de suppléments de 44 % dans un essai clinique en 2023. Vous pouvez la télécharger, entrer vos produits, et l’imprimer ou l’envoyer à votre médecin avant votre rendez-vous.
Les écoles de médecine américaines ont adopté une nouvelle politique en juin 2022 : elles doivent désormais enseigner les interactions entre suppléments et médicaments. Dans les années à venir, les dossiers médicaux électroniques incluront un champ obligatoire pour les suppléments - comme pour les médicaments sur ordonnance.
Et si votre médecin ne pose pas la question ? Posez-la vous-même. Dites : « J’ai quelques suppléments que je prends. Je veux m’assurer qu’ils ne posent pas de problème avec mes traitements. »
Que faire maintenant ?
Avant votre prochain rendez-vous :
- Regardez dans votre armoire à pharmacie. Rassemblez tous les flacons, sachets, et bouteilles.
- Écrivez leur nom, la dose, et la fréquence.
- Apportez-les avec vous.
- Parlez-en. Pas comme une confession. Comme une information médicale.
Vous ne protégez pas seulement votre santé. Vous protégez la qualité des soins que vous recevez. Votre médecin ne peut pas vous aider s’il ne sait pas tout ce que vous prenez. Ce n’est pas une question de confiance. C’est une question de sécurité.
La prochaine fois que vous prenez une gélule, demandez-vous : « Est-ce que je dirais ça à mon médecin ? » Si la réponse est non - c’est le moment de le dire.
Pourquoi les médecins ne posent-ils pas de questions sur les suppléments ?
Beaucoup de médecins n’ont pas reçu de formation suffisante sur les interactions entre suppléments et médicaments. Seulement 27 % d’entre eux se sentent à l’aise pour en discuter. De plus, les consultations sont courtes, et les suppléments ne sont pas toujours considérés comme une priorité. Mais cela change : depuis 2022, les écoles de médecine aux États-Unis doivent inclure ce sujet dans leur programme.
Les suppléments sont-ils réglementés comme les médicaments ?
Non. Sous la loi DSHEA de 1994, les suppléments ne sont pas soumis à une évaluation préalable à la vente par la FDA. Le fabricant peut les vendre sans prouver leur efficacité ou leur sécurité. La FDA n’intervient que si un produit est prouvé dangereux - ce qui arrive souvent après des cas graves. C’est pourquoi il est crucial que vous informiez votre médecin : vous êtes le premier filtre de sécurité.
Est-ce que les remèdes naturels sont vraiment plus sûrs que les médicaments ?
Non. Le mot « naturel » ne signifie pas « sans risque ». Le millepertuis, la racine de kava, ou l’huile de graine de lin peuvent provoquer des réactions graves, des dommages hépatiques, ou des interactions dangereuses avec des médicaments. Des substances naturelles peuvent avoir des effets aussi puissants que les médicaments - parfois plus. La sécurité ne vient pas de l’origine, mais de la connaissance.
Que faire si mon médecin me dit de cesser tous mes suppléments ?
Demandez des explications précises. Pourquoi ? Quel risque ? Y a-t-il une alternative ? Certains suppléments peuvent être sûrs avec vos médicaments - d’autres non. Un bon médecin vous aidera à évaluer chaque produit individuellement, pas à les bannir tous. Si votre médecin refuse de discuter, cherchez un professionnel formé en médecine intégrative. Il saura équilibrer votre choix et votre sécurité.
Est-ce que je dois dire à mon médecin si je prends des tisanes ou des huiles essentielles ?
Oui. Même les tisanes concentrées (comme la camomille, la menthe poivrée, ou le thé vert) contiennent des composés actifs. L’huile essentielle de menthe poivrée peut interagir avec les médicaments contre l’acide gastrique. La camomille peut amplifier les effets des sédatifs. Tous les produits que vous ingérez - même en petites quantités - doivent être mentionnés. La dose ne fait pas la différence : c’est la substance qui compte.
1 Commentaires
Arsene Lupin
Encore un article qui fait peur pour vendre du conseil. Les gens prennent des herbes depuis des millénaires, et maintenant on nous dit que la curcumine va nous tuer ? La médecine moderne est une religion avec des labos pour dieux.